Après un premier restylage intervenu en 2014, la Lexus CT 200h s’est refait une petite beauté afin de recoller au style de la gamme actuelle. Outre ce repoudrage, elle bénéficie également de nouveaux équipements technologiques mais pas de la dernière génération du moteur de la Toyota Prius 4. Ces maigres évolutions lui permettent-elles de rester dans le coup face à ses concurrentes ? Et d’ailleurs, a-t-elle réellement des concurrentes ?

Lexus CT 200h : un très léger restylage

Quand elle est apparue en 2010, la Lexus CT 200h avait beaucoup fait parler d’elle. Son style plutôt décalé ne passait pas inaperçu et les designers de la marque avaient eu libre cours pour dessiner leur propre compacte. D’abord présenté sous la forme d’un concept-car portant le nom de LF-Ch, le modèle de série en a repris presque tous les codes stylistiques. Le but était de concurrencer directement les compactes premium telles que l’Audi A3 ou encore la BMW Série 1.

Mais son look trop fade ne lui avait pas permis de se démarquer alors en 2014, la marque avait lancé un gros restylage (particulièrement sur la face avant). Puis en 2017, la CT200h est repassée par la case lifting mais cette fois de façon plus discrète. Le but étant peut-être de ne pas trop dénaturer le précédent qui avait permis de garder à flot les ventes médiocres de la CT200h. Quoiqu’il en soit, les modifications se comptent sur les doigts d’une seule main.

Avec des yeux très aguerris, on remarquera ainsi les feux de jour à la signature lumineuse inédite, les anti-brouillards redessinés (avec cerclage chromé sur la finition F-Sport) et les feux arrière presque entièrement de couleur rouge. Une nouvelle teinte de carrosserie est également disponible : le bleu Saphyr qui était celui de notre modèle d’essai. Pour le reste, rien ne change (la calandre Spindle Grill étant déjà présente sur le restylage de 2014) et c’est presque dommage.

Un intérieur du début des années 2000…

Alors que l’extérieur a subi une très léger coup de bistouri, l’intérieur n’a quant à lui presque pas changé depuis début 2011. Il suffit d’en ouvrir la porte et sentir immédiatement le confinement qui règne à bord. Une sensation surtout renforcée par la présence de l’importante console centrale qui scinde l’habitacle en deux. Pourtant très rapidement lorsque l’on s’installe aux places avant, l’impression d’étouffement disparaît peu à peu. En effet, la position de conduite basse et le grand pare-brise ainsi que la luminosité du toit ouvrant (option de notre modèle d’essai) permettent de faire oublier le ressenti initial.

En revenant sur la console, on constate qu’elle regroupe énormément de boutons, ce qui donne l’impression de manipuler des consoles de jeux vidéos du début des années 2000. Même si certaines fonctions tombent très facilement sous la main, comme, par exemple, la climatisation, pour d’autres, la lecture du manuel d’utilisation s’avère quasiment indispensable. Autre point négatif, l’ergonomie de certains équipements et leur praticité qui sont difficiles à appréhender. C’est le cas, notamment, du joystick permettant de se déplacer sur l’écran central.

Passons maintenant aux places arrière. Bien que leur accès se révèle un peu délicat (en raison de la ligne de fuite du pavillon très basse), celles-ci se montrent spacieuses et confortables pour 2 personnes. En revanche, n’envisagez pas un voyage à 3 sinon vous vous donnerez des coups de coude tout le long du trajet.

Enfin dernier détail concernant l’espace à bord, le coffre. Avec ses 275 litres sous la tablette (bac de coffre compris), il reste parmi les plus petits de la catégorie (une Audi A3 Sportback n’offre pas moins de 380 litres). Même en rabattant la banquette, le volume ne culmine qu’à 975 litres, soit 200 litres de moins que sa rivale aux anneaux. Cela reste trop peu pour envisager ne serait-ce que le transport d’un meuble du style commode, mais Lexus explique cette faible capacité par l’installation des batteries sous le coffre.

…mais technologiquement mis à jour

L’intérieur nous a indéniablement laissé sur notre faim mais il faut reconnaître que le contenu technologique a quand même bien évolué depuis 2011. Tout d’abord, le petit écran central de 7 pouces laisse place sur ce nouveau restylage à une version de 10,3 pouces (mais seulement sur la finition F-Sport). Un gain non négligeable et qui favorise nettement sa lecture, notamment lorsqu’il s’agit de consulter la cartographie du système GPS. Bien pratique car Lexus n’a pas souhaité installer de rappel de la carte GPS entre les compteurs. Enfin, le joystick de l’interface restant toujours difficile à utiliser lors des premières prises en mains, on aurait aimé un écran tactile.

En matière d’équipements de dernière génération, cette nouvelle Lexus CT 200h adopte le système d’aide de maintien en ligne agissant sur la direction, le régulateur de vitesse adaptatif ou encore le système de sécurité de pré-collision PCS avec détection des piétons. En plus de toutes ces nouveautés, on appréciera surtout la caméra de recul. En effet, avec l’important angle mort dans l’axe 3/4 arrière, elle s’avère presque indispensable.

Fin du moteur hybride 1.8 136 ch de Toyota

Si l’esthétique a un peu évolué, en ce qui concerne la motorisation, rien ne change. Depuis 2011, cette Lexus CT 200h conserve le moteur 1.8 l à cycle Aktinson de la Toyota Prius de troisième génération. Développant 99 chevaux et combiné à un moteur électrique de 82 chevaux, cet ensemble permet d’afficher une puissance combinée maximale de 136 chevaux. Bien que suffisante sur le papier, cette puissance déçoit complétement et donne une désagréable sensation que la voiture est asthmatique.

En effet, les relances et les accélérations sont pénalisées par le groupe motopropulseur qui hurle lorsque l’on sollicite fortement la pédale d’accélérateur. Ceci est dû en partie à la transmission automatique développée par Toyota (boîte e-CVT) qui sabre toute impression de dynamisme. L’absence de passage de rapports induit une sensation de linéarité incompatible avec cette dernière.

Mais même si c’est cette combinaison ne semble pas en adéquation avec le blason premium qu’elle prétend afficher, la Lexus est la dernière à utiliser cette configuration. De plus, cette Lexus CT200h ne bénéficiera pas de la nouvelle motorisation hybride du groupe (qu’on retrouvera notamment sur la nouvelle Corolla) et qu’il faudra attendre le véhicule que la remplacera.

La conduite économique, sa véritable vocation

Mais alors que reste-t-il à cette Lexus CT 200h ? Tout simplement, une utilisation plus zen caractéristique des motorisations hybrides. On en ressent les effets notamment en ville, son véritable terrain de jeu. En ayant le pied léger, il est assez facile d’osciller entre le mode tout électrique et le mode hybride pour obtenir des valeurs de consommation assez basses : à peine 5,9 l aux 100 km sur un parcours mêlant route et ville. De plus, si l’on n’abuse pas des fortes accélérations, le silence à bord est excellent. Un vrai régal en mode “zen attitude”.

Mais un bémol vient ternir l’image hybride de cette Lexus CT200h, c’est la trop faible autonomie de son mode tout électrique. Ce qui est tout à fait normal puisque cette Lexus n’est qu’une hybride dite classique. En effet, sa batterie de 1,3kWh ne permet pas d’offrir une grande autonomie : comptez à peine 2 à 3 kilomètres sous 45km/h.

Du coup, à force de solliciter le système, on vide très rapidement la batterie et c’est finalement le moteur thermique seul qui finit la plupart du temps par entraîner la CT200h. Le seul moyen de recharger la batterie se fait lors des décélérations ou de freinages (par récupération d’énergie comme pour un système Stop&Start). Dommage que le système hybride rechargeable de la Toyota Prius n’ait jamais été proposé sur cette génération de Lexus CT200h, ce qui lui aurait permis un plus grand champs d’action.

Trop de flou tue le comportement

Doté de l’accastillage F-Sport, notre modèle d’essai promettait beaucoup en matière de comportement routier mais il n’en fut rien. La direction très floue, et le poids conséquent, près de 1450 kg, ont rendu la Lexus pataude dans les virages. De plus, même si la répartition idéale des masses est de 50/50, on a une impression de poids plus important sur le train arrière et ceci se ressent avec, très rapidement, des amorces de survirage.

Le freinage se trouve lui aussi rapidement pénalisé par la masse du véhicule. On a l’impression que le mordant des freins s’amenuise au fil des entrées en courbe et il faut anticiper lors que le rythme s’accélère.

Autre point négatif, les jantes en 17 pouces de notre finition F-Sport. Bien que très jolies à regarder avec les pneus taille basse, elles dégradent sensiblement le comportement sur la route. A chaque nid de poule, on a la sensation que la Lexus sautille et ceci devient encore plus insupportable lorsque la vitesse augmente. A voir si avec l’adoption de jantes en 15 ou 16 pouces sur une finition inférieure, le comportement routier reste plus neutre ?

Sans aucune concurrence mais sans réelle suite

Raisonnablement, on peut affirmer que cette Lexus CT 200h offre, malgré un style clairement vieillissant, une présentation globale encore assez avenante. Dans cette version F-Sport, elle adopte par ailleurs une tenue sportive plutôt aguicheuse et valorisante. Pour autant, ces éléments esthétiques semblent bien légers quand il s’agit d’essayer de justifier un tarif qui frise l’indécence. Il faut en effet signer un chèque de 40 940€ pour devenir l’heureux propriétaire de notre modèle d’essai.

Pour une compacte premium moderne ce n’est pas en soi un tarif choquant. sauf que notre CT 200h n’est plus une compacte premium moderne. Si sa conduite zen reste agréable, le poids des ans (près d’une décennie de production), son intérieur vieillissant et son comportement pataud ne lui permettent plus de concurrencer les compactes de sa catégorie qui se passent pourtant toute de motorisation hybride. Pire, une compacte généraliste (roturière !) comme la Golf en version PHEV GTE ne peinerait aucunement à remporter un comparatif face à notre japonaise.

Le seul et sans doute dernier véritable atout (mais en est-ce bien un) de cette CT 200h reste donc qu’elle est désormais la seule véritable hybride premium du marché. Un marché qui s’est transformé et dont on envisage l’avenir sous un autre angle chez Lexus. La CT 200h n’aura en effet pas de descendante directe, la marque ayant déjà prévu son remplacement par le dernier crossover de la gamme : le Lexus UX.

Texte/Crédits photos : Christian C/ The Automobilists

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