Une compacte Škoda, encore ? Non ! Une compacte Škoda, enfin ! Le constructeur tchèque a longtemps flirté avec le segment C, stratégique en Europe, que ce soit avec la berline Octavia classée dans celui-ci bien que sa gamme soit plus proche du segment supérieur, ou plus récemment avec la Rapid Spaceback, version à hayon de la berline tricorps accessible Rapid. Avec la Škoda Scala, le temps est venu de proposer une vraie alternative aux Peugeot 308, Renault Mégane et Ford Focus, et tant pis si cela pourrait faire de l’ombre à l’icône du groupe Volkswagen, la VW Golf.

Škoda Scala, la première vraie compacte de Škoda

Le constructeur de Mlada Boleslav était le dernier des labels européens à ne pas ferrailler dans cette catégorie-reine du marché européen. Avec la Scala, longue de 4,36 m, Škoda est au cœur du segment, qui court de la Peugeot 308 (4,25 m), sans parler de la Citroën C4 Cactus (4,16 m) jusqu’à la Honda Civic (4,56 m). En comparaison, une Renault Mégane fait exactement la même taille, 4,36 m. Elle est large d’1,80 m et haute d’1,47 m.

Pour se différencier, Škoda a pris le parti de la praticité et de l’espace à bord. Pour cela, l’empattement est géant (2,65 m), profitant aux places arrière notamment, et le coffre est proprement gigantesque avec 467 litres au total. En réalité, le concept de “bi-corps + coffre” cher au Groupe VW (cf. Audi A3 Sportback, ou, déjà, la Škoda Rapid Spaceback, qui était longue de 4,30 m) est reconduit et cela se remarque dans le profil, avec des proportions certes maîtrisées mais qui font la part belle à l’espace à vivre.

Un style sans révolution

D’extérieur, la Scala est immédiatement identifiable en tant que Škoda, avec des lignes simples que certains détails évitent de rendre passe-partout. Les optiques 100 % DELs sont froncées et rejoignent la calandre, comme sur une Fabia, tandis que la forme de la calandre évolue de façon à être plus verticale. De profil, la ligne de carre née dans les phares se prolonge jusqu’aux feux. Ces traits caractéristiques avaient été révélés par le concept-car Vision RS au dernier Mondial de Paris.

C’est de 3/4 arrière que la Scala marque le plus une évolution de design chez Skoda, avec tout d’abord des feux horizontaux à l’épais liseré lumineux. C’est une tendance de fond que ce recours aux blocs feux de ce type, qu’il s’agisse de la Ford Focus ou de la Fiat Tipo. Cependant, Škoda affine la chose avec la lunette vitrée qui descend jusqu’au milieu du hayon. Toutefois, cette lunette stylisée ne sera l’apanage que des versions les plus huppées, une fois l’option toit vitré panoramique cochée -une autre lunette existera, avec un bandeau de tôle entre les feux, comme sur la précédente Spaceback.

Reste que le hayon accueille la nouvelle signature de marque, tout en lettrage chromé. Désormais, la tête d’Indien ne sera plus présente que sur le bout du capot. L’allure des optiques a été travaillée de manière à rappeler l’univers de la cristallerie.

Des choix techniques qui comptent

Parmi les détails qui surprennent, le choix du capot autoclave. Sur une voiture voulue malgré tout accessible, sa réalisation est complexe et implique l’installation d’une complexe charnière d’ouverture, façon Audi A4. Cependant, le profil est plus lisse, l’arrête de capot se confondant avec la ligne de carre. Un élément technique peu visible, mais finalement essentiel au design.

Cependant, le choix technique principal de la voiture est sa plateforme MQB-A0. En langage VW Group, il s’agit de la plateforme modulaire réservée aux citadines telles que la Polo, l’Ibiza, l’Arona ou le tout dernier T-Cross. Étendue pour convenir au format de la Scala, ma MQB-A0 a pour elle d’être moins chère à fabriquer qu’une MQB classique de Golf ou de Leon, et qui répond à la logique industrielle de l’usine de Mlada Boleslav où la Scala sera produite aux côtés de Fabia et Rapid, dont les prochaines générations devraient à coup sûr être dotées elles-aussi de cette plateforme.

L’autre conséquence de la MQB-A0, c’est l’arrivée d’aides à la conduite modernes : maintien en ligne, régulateur adaptatif jusqu’à 210 km/h et freinage d’urgence automatique avec détection piéton, ainsi que la détection en manœuvre des véhicules à l’approche et la surveillance d’angles morts.

Un habitacle moderne

La planche de bord de la Škoda Scala est totalement à la page des dernières technologies. Elle adopte un large écran tactile de 9,2 pouces en haut-de-gamme (6,5 à 8 pouces seulement pour les finitions inférieures) et propose le Digital Cockpit, la version maison du Virtual Cockpit via une dalle de 10,25 pouces derrière le volant. L’ensemble est rassurant et familier pour une Skoda, avec des lignes horizontales auxquelles s’ajoutent le jonc de chrome qui rallie les aérateurs aux extrémités.

Depuis l’écran central se pilotent toutes les fonctions de vie à bord -sauf la climatisation. Un magasin d’applications propose des téléchargements où vous le voulez. Mieux, cet écran sera à même d’accueillir en option CarPlay d’Apple et AndroidAuto, chose impossible pour l’heure sur un VW T-Cross par exemple. Vous pouvez programmer votre navigation depuis votre téléphone, et disposer d’informations sur votre voiture à distance également.

Une mutation digitale totale, tandis que les matériaux les plus flatteurs sont installés là où le regard se porte. Haut de console, contreportes avant -et non arrière-, et volant profitent pour les premiers de plastique moussé et pour le dernier d’un cuir agréable, tandis que le reste de la voiture est abonné aux plastiques durs.

Connectivité et détails pratiques

Côté connectivité, l’on remarquera le choix fait d’installer des prises micro-USB (à l’avant comme à l’arrière) plutôt que des USB classiques, tandis que le rangement devant le levier de vitesse accueillera la recharge par induction. Du côté des aspects pratiques, Škoda a repris ses recettes habituelles et dont on s’étonne toujours que la concurrence ne les ait pas copiées : grattoir dans la trappe à carburant, parapluie dans la portière conducteur, attache ticket au pare-brise, vide-poche fermé dans la contre porte passager… mais, cependant, pas de protège-portière comme sur le Kodiaq.

Au rang 2, l’espace aux jambes est appréciable d’autant que la banquette est longue, tandis que l’espace aux épaules est promis comme l’un des meilleurs du segment. Attention toutefois au tunnel de servitude, bien réel celui-là, rendant la place centrale comme toujours dans les compactes, un tantinet désagréable. Cependant, la garde-au-toit est appréciable même pour les plus grands gabarits, tous profitant (quand l’option est cochée) du gigantesque toit vitré panoramique !

La vie pratique de la Škoda Scala se remarque enfin par son coffre. Outre son volume, c’est son aménagement qui surprend : crochet d’arrimages jusque derrière les dossiers, filet de rétention sous tablette, double-fond… et un bouton qui permet de déployer un crochet d’attelage. Ajoutez-y une découpe d’ouverture régulière et un seuil de chargement pas trop haut et cette soute devrait autant avaler les bagages des familles que satisfaire les taxis citadins. Avec 467 litres, son volume excède les 380 l d’une Golf, les 420 l d’une 308 ou les 434 l d’une Mégane, et peut atteindre 1410 l banquette rabattue.

Palette moteurs complète

Avec 4 blocs moteurs, 3 carburations et 5 niveaux de puissance, la Scala présente une gamme moteurs complète dès le lancement. En essence, trois puissances : les 3-cylindres 1.0 TSi 95 ou 115 ch, et le 4-cylindres 1,5 TSi 150 ch ; en Diesel, le 1,6 l TDi 115 ; et au gaz naturel (GNC), le 3-cylindres 1,0 G-Tec 90 ch. Boîte manuelle obligatoire pour le TSi 95 d’entrée de gamme ainsi que pour son pendant au gaz G-Tec 90, sinon le choix est ouvert entre boîte manuelle 6 ou boîte DSG 7 automatique pour tous les autres blocs.

A l’heure actuelle, point d’autre développement de gamme à prévoir. Ni sportive RS annoncée, ni hybride (la MQB-A0 n’est pas pensée pour) ni électrique non plus -même si dans s’cala, Škoda aura à terme 9 électriques à commencer par la prochaine e-Citigo en 2019.

Skoda avait choisi Tel Aviv pour la première mondiale de la Scala. Un choix pragmatique, puisqu’avec 24.000 ventes en 2017, elle est le premier constructeur européen au classement avec 8,7 % de part de marché. Une performance, puisque le marché israélien est fortement taxé. Par comparaison, Skoda a écoulé en France 26.000 voitures en 2017, sauf qu’Israël ne compte que 8 millions d’habitants.

Si le nom Scala peut surprendre, Skoda l’explique par l’origine latine d’échelle et de progrès (pour l’idée d’échelle, se référer à la Scala… de Milan), mais pour information, c’est aussi le nom d’une Renault (la première vendue au Mexique sur base de Nissan Sunny de la fin des années 90, la deuxième sur base de Nissan Sunny de la fin des années 2000 ressemblant à une Micra tricorps en Inde, et la troisième sur base de Mégane tricorps en Iran). 

Rendez-vous au 2e trimestre 2019

Le lancement de la Škoda interviendra avant l’été, en juin 2019 en France plus exactement. Son arrivée devrait permettre à la marque tchèque d’augmenter toujours davantage ses volumes de ventes en Europe, alors que l’année 2018 s’annonce déjà au-delà du record de 2017 (1,2 million de voitures produites, avec comme premier marché, la Chine).

S’attaquer aux compactes n’est pas anodin : avec 1 vente sur 7, c’est un marché incontournable, et dont Skoda veut conquérir 2,3 % de part de marché. Même si elle est discrète en France, la Rapid Spaceback s’est bien comporté commercialement, réalisant 60 % des ventes de la gamme Rapid en 2017 (70.000 unités écoulées au total).

Galerie complète de la nouvelle Skoda Scala

Crédit photos : The Automobilists

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