Le Studio Alpine de Boulogne-Billancourt accueille les frimas de l’automne avec une très rare A610 Albertville…. peut-être même la plus rare des Alpine A610 qui soit !

Olympique, l’Alpine A610 Albertville !

L’A610 Albertville exposée au Studio Alpine a beau reprendre à l’identique l’aspect de la série Albertville, elle n’est en réalité qu’une réplique… C’est le troisième exemplaire de cette édition, qui n’a officiellement été produite qu’à deux exemplaires, dont un demeure aujourd’hui dans les collections de Renault Classic.

Ne boudons pas notre plaisir devant une telle rareté, l’A610 Albertville étant presque l’éléphant blanc (sans mauvais jeu de mots) de la sportive dieppoise. Avec 2 unités, elle est en effet plus rare que la Magny-Cours, réalisée à 31 copies. Elle fut présentée en novembre 1991 dans le cadre du partenariat unissant Renault aux Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville 1992. La Régie de l’époque était le transporteur automobile officiel de l’événement avec moult autocars FR1, et en profitait pour proposer à la vente une série spéciale Olympique 92 pour ses Clio, 19, Espace, 21, 25, et autres Jeep Cherokee dont Renault était le distributeur exclusif à l’époque.

Le cas de l’Alpine A610 est cependant un peu différent : si elle est présente dans les communications officielles, son rôle premier est d’abord de transporter les personnalités durant les J.O. Deux exemplaires sont réalisés à cet effet, dont un sera revendu en occasion par la suite. Le troisième est l’oeuvre d’un propriétaire suisse qui, lassé de ne trouver l’A610 de ses rêves, a décidé d’en faire une copie.

Les spécificités de cette -très- rare A610

Les détails sont respectés : extérieurement, la teinte Blanc Gardenia avec jantes peintes et bordure usine brillante ainsi que les décorations Albertville sont spécifiques. A bord, la planche de l’A610 est reprise sans changement, et seule la sellerie cuir grise avec passepoil bleu électrique différait des modèles classiques, tandis que le lecteur CD était inclus. Techniquement, l’A610 Albertville est une propulsion mue par le V6 PRV Turbo (Garrett 0,77 bar) de 3.0 l et 250 ch avec boîte manuelle 5 vitesses, propre à l’emmener à 268 km/h et à effacer le 0 à 100 km/h en 5,9 secondes. Longue de 4,42 m, large de 1,77 m, l’A610 Turbo pèse 1,4 tonne, est bâtie sur un châssis poutre avec une carrosserie en fibre de verre.

En quatre ans de carrière, l’Alpine A610 fera malheureusement de la figuration au catalogue. Celle qui se voulait la Porsche à la française n’avait pas marqué une assez franche évolution esthétique par rapport à sa devancière la GTA, dont elle reprenait pour des soucis d’économie l’ensemble du vitrage, ainsi que les optiques rétractables de la version américaine. Côté moteur, on compte deux niveaux de puissance au fil de sa carrière, avec son bloc V6 PRV Turbo : 250 ch puis 280 ch, pour une vitesse maxi allant de 265 à plus de 280 km/h, grâce à une aérodynamique très réussie.

Malgré ces qualités, l’A610 était considérée comme trop chère (près de 400.000 francs catalogue…). La production chute dès 1992 (219 unités) pour finir à 14 modèles seulement en 1995. Sa carrière totalise ainsi 785 Alpine A610 conventionnelles, 31 Magny-Cours et 2 Albertville… soit 818 exemplaires produits au total. L’usine de Dieppe vit alors aussi au rythmes de productions Renault pour compenser l’insuccès de son bébé (elle assemblait alors les surplus d’Espace II que Matra n’arrivait pas à absorber).

Pendant plus de vingt ans, l’A610 figurera comme la dernière des Alpine… jusqu’à la relance de la marque avec la nouvelle A110, qui vient de franchir la barre des 1955 unités livrées, soit l’ensemble de la série “Première Edition”. Le carnet de commandes compte plus de 4000 demandes, soit plus d’un de production assurée : l’A110 ne devrait pas connaître l’enfer de l’A610.

Via Boîtier Rouge, Wikipedia, Studio Alpine

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