Commençons par une évidence qu’il est indispensable de rappeler : nous sommes absolument tous responsables et impliqués dans la pollution qui nous entoure. Ainsi, il nous incombe à tous, partisans ou non de l’automobile, de tout faire dans le but de sauver notre planète et les générations futures. Cependant, toutes les méthodes ne semblent pas les bonnes…

Ce n’est encore qu’un projet de loi mais il sonne déjà bel et bien comme une réali… fatalité. Le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), dévoilé via le média Contexte, propose ainsi l’instauration d’un péage urbain à l’entrée de toutes les grandes villes de plus 100 000 habitants. 

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Péage urbain : le principe

Dans le but de “lutter contre la pollution et les nuisances environnementales” dans les grandes villes, l’avant-projet de loi sur l’orientation des mobilités prévoit d’offrir la possibilité aux villes et agglomérations de plus de 100 000 habitants d’instaurer des péages à leurs portes. Nommé “tarif de congestion”, cette nouvelle taxation verrait son prix et son rayon d’action défini par les agglomérations. Les recettes iront dans les mains de l’Autorité Organisatrice de la Mobilité (AOM) de chaque ville ou agglomération. Rien ne précise comment seraient réinvestis les bénéfices pour lutter efficacement contre la pollution.

Deux tarifs plafonnés

Concernant les tarifs, deux plafonds ont été définis :

  • un premier à 2,50 euros pour les villes de moins de 500 000 habitants ;
  • et un deuxième à 5 euros pour les villes plus grosses (Paris Marseille et Lyon).

Ce tarif est défini pour une automobile légère. Un coefficient multiplicateur sera appliqué selon la taille et la catégorie du véhicule, pour un maximum de x4. Les transports en commun seront cependant exemptés de taxes, heureusement, alors que les habitants dont le lieu de travail et le domicile se trouveraient dans la « zone de congestion » se verraient offrir un tarif réduit, voire la gratuité. Un service de télépaiement sera mis en place pour favoriser le paiement de la nouvelle taxe avant même de l’avoir franchie, comme à Londres par exemple.

Péage urbain : vraiment efficace ?

Le principe du péage urbain, pour les véhicules à moteurs, existe depuis 1975 à Singapour. Très vite avaient suivi les villes d’Oslo et Bergen en Norvège, et la capitale iranienne Téhéran. Les pays de l’UE s’y mettent également petit à petit, avec Milan, Londres ou Stockholm. Cependant, c’est le péage urbain de Londres qui reste le plus connu, principalement à cause de son coût (£10 soit 11,5 €). Si les résultats sont encourageants à Milan et Stockholm (avec respectivement une baisse de 30 et 22 % du trafic routier), les résultats à Londres sont plus difficiles à évaluer du fait de la hausse d’activité dans la ville. La capitale britannique, après avoir vu son trafic routier diminuer de plus de 15 % sur les premières années du dispositif, est aujourd’hui revenue au même niveau de saturation.

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Dans le cas français, la vignette Crit’Air, valide dans plusieurs grandes agglomérations régies par les Zones à Circulation Restreinte (ZCR), ressemble déjà à un péage routier. Ce système doit désengorger les grandes villes françaises en cas de niveau de pollution trop élevé. Les résultats ne semblent pour l’heure pas à la hauteur des espérances, probablement à cause de l’impossibilité de réellement contrôler qui entre et sort des zones concernées. En France toujours, nous pouvons nous souvenir des portiques écotaxes qui avaient été implantés sur les routes en 2011 pour financer l’entretien du réseau secondaire… Le résultat avait été un fiasco, aussi bien financier que politique, avec une note en milliard d’euros. Il semblerait que l’écologie financière ne fonctionne pas…

Péage urbain : méthodes alternatives

Pour autant, il existe nombre de centres-villes européen, notamment, qui ont vu leur trafic routier diminuer. Copenhague, Rome, Amsterdam, Helsinki sont, par exemple, quatre capitales dont la voiture a quasiment disparu. Les aménagements réalisés pour les cyclistes sont impressionnants et surtout, le vélo est entré dans les mœurs. Une balade dans Paris mettra en évidence la volonté de la mairie à construire des pistes cyclables un peu partout, hélas parfois en dépit du bon sens. On n’oubliera pas non plus que le but d’origine, réduire la pollution atmosphérique, ne serait guère atteint en ne s’attaquant qu’au transport automobile, sachant qu’une plus grande part de particules et de polluants est émise par l’habitat (chauffage) et l’industrie…

Mais, pour réellement faire descendre la facture énergétique de l’activité humaines dans les grandes agglomérations, pourquoi ne pas aller vers des méthodes plus radicales ? Voici quelques idées qui nous viennent en tête, et qui seraient relativement simple à mettre en œuvre :

  • l’assouplissement de l’accès au télétravail,
  • la promotion du covoiturage quotidien,
  • le développement des navettes partagées,
  • le développement des horaires décalés
  • l’amélioration des transports en commun
  • l’amélioration des pistes cyclables, etc.

Des solutions plus difficiles à mettre en place qu’un retour à l’octroi et qu’une nouvelle entrave à la liberté de déplacement ? Oui, car l’écologie à but lucratif, c’est non.

Photos : ©IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP et Atlantico

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