Le nouveau break Volvo V60 est commercialisé depuis quelques jours. L’occasion de vérifier, au cours d’un essai, si la marque suédoise reste spécialiste en la matière, et si le V60 ne faillit pas à ses velléités premium. Son homologue berline, la S60 (présentée en juin, soit 3 mois après le V60), débarquera quant à elle au début de l’été 2019.

Volvo V60 2018 : d’abord, une belle gueule

Chez Volvo, le break est une institution. Plus encore que chez n’importe quel constructeur, les ventes de breaks dépassent largement celles des berlines, notamment sur le segment D. Et lorsque l’on parle de break, on pense tous aux Volvo 245 et 740, deux archétypes de l’armoire normande : un design on ne peut plus carré, à 200% au service de l’habitabilité. Heureusement, les temps ont changé, et notre V60 nouvelle génération a quand même plus d’allure !

Long de 4,76 m, il rend 20 centimètres au V90, et se cale aux formats Classe C, Série 3 et A4, ses trois concurrents directs. Cependant, être plus petit que le V90 ne l’empêche pas de lui ressembler beaucoup. Énormément, en fait. Il faut avoir l’œil pour remarquer dès le premier regard les différences, au-delà de la taille ! En s’attardant davantage, on constate de profil un hayon moins incliné sur le V60, et une ceinture de caisse moins rectiligne. A l’arrière, les feux affichent un design plus dynamique tandis qu’à l’avant, la signature lumineuse en forme de marteau de Thor (nouveau gimmick de Volvo depuis le XC90 II) « sort » du phare.

Dans le détail, le Volvo V60, cru 2018, mesure 4,76 m de long (soit + 13 cm par rapport à l’ancien modèle), 1,85 m de large et 1,42 de haut (- 6 cm).

Globalement, le Volvo V60 2018 paraît plus dynamique que le V90. Même si nous trouvons le style général très réussi, et plus personnel que les (presque) banales BMW Série 3, Mercedes Classe C ou Audi A4, nous déplorons cette trop grande proximité esthétique entre le V60 et le V90. Nous noterons quoi qu’il en soit que Volvo offre un vaste choix de jantes (de 17 à 20 pouces) et de coloris extérieurs (14 en tout – dont cette nouvelle teinte visible sur les photos, baptisée Pebble Grey). Pour les amateurs, une version R-Design, aux boucliers avant et arrière plus agressifs, sera proposée dès novembre.

Si le charme opère à l’extérieur, voyons maintenant ce qu’il en est à l’intérieur, notamment niveau aspects pratiques.

Volvo V60 2018 : chaud dedans !

Les intérieurs Volvo se veulent chaleureux. Dans le cas de notre configuration, parée d’un cuir crème, c’est forcément réussi. Les boiseries viennent rappeler l’univers des yachts, et confirment ce côté chaleureux « made in Sweden » (tout comme les petits drapeaux aux extrémités des sièges avants !). Et avec le toit vitré et ouvrable (identique à celui du XC60) de notre modèle d’essai, c’est le carton plein ! Reste à voir si dans un coloris plus sombre, et notamment en noir, cet intérieur conservera sa chaleur. En tout cas, on peut supposer qu’il sera toujours plus chaleureux qu’un habitacle d’Audi A4 par exemple.

Volvo V60 2018 D3 150 ch

Passée cette parenthèse “ambiance”, attardons-nous maintenant sur le design et l’ergonomie. De ce côté-là, c’est très proche des autres modèles de la gamme Volvo. Aucune surprise à ce niveau : les grands aérateurs verticaux se situent de part et d’autre de l’écran de navigation, souligné quant à lui d’une fine rangée de boutons. Le levier de vitesse tombe sous la main, dont le bras est posé sur un accoudoir confortable et suffisamment long. Côté ergonomie, c’est un sans-faute, à l’exception de l’écran de navigation de 9″. C’est dommage, car il regroupe (presque) toutes les fonctions ! A l’usage (et notamment en conduisant), il y a trop de menus et de sous-menus. On se perd facilement, et cela remet finalement en question l’intérêt et la praticité du tout-tactile.

A l’arrière, les passagers sont bien accueillis grâce à un empattement généreux de 2,87 m qui garantit une belle habitabilité (malgré un tunnel de transmission… généreux, lui-aussi). La largeur aux coudes est suffisante tout comme la garde au toit. L’assise creusée des sièges s’avère confortable, mais l’on regrettera l’absence d’aérateurs à l’arrière. Les passagers se consoleront peut-être en regardant les contre-portes, très jolies !

Ils pourront aussi profiter d’un coffre offrant un bon volume de chargement, et une découpe pratique avec, notamment, un sous-plancher et un compartiment supplémentaire côté gauche. La plage arrière, quant à elle, est escamotable. Si l’on s’intéresse aux chiffres, le Volvo V60 2018 propose un coffre de 529 l (+ 101 l par rapport à l’ancien V60 !), soit entre 24 et 39 l de plus que ses concurrents désignés, Classe C, Série 3 et A4. Cela reste moins, bien-sûr qu’une Volkswagen Passat (639 l) ou qu’une Renault Talisman (572 l), mais ces deux-là font dix centimètres de plus en longueur et ne jouent pas dans le même registre « premium ». Sièges rabattus, ce volume atteint même 1364 l, avec un plancher plat.

Il faudra le constater lors d’un usage familial, et autrement que sur un essai, mais le nouveau break Volvo V60 paraît bien armé, côté habitabilité et aménagement intérieur, face à ses rivaux. Il semble bien faire la synthèse entre raffinement et praticité. Mais il semble surtout se doter d’un arsenal technologique à faire pâlir un Airbus.

Volvo V60 2018 : quelques mots sur l’équipement

La gamme V60 se divise en plusieurs niveaux de finition, visibles sur les images ci-dessous. Il convient de préciser que les versions destinées aux professionnels, sur l’ancien V60, représentaient 33% des ventes (contre 42% chez Audi) selon Volvo. Exceptée la version de base, toutes les finitions sont bien fournies en matière d’équipements (voir le détail ci-dessous également).

Et lorsque l’on regarde la liste des options, il y a de quoi avoir le tournis. Phares directionnels Full LED avec correcteur dynamique de la portée disponibles (pour ne jamais éblouir ceux qui arrivent en face), balais d’essuie-glace chauffants, système d’anticipation de collision intelligent des véhicules, cyclistes, piétons et grands animaux avec freinage automatique, adaptative cruise control, reconnaissance des panneaux de signalisation… Le Volvo V60 est à la page, et même parfois plus encore. Mais voyons maintenant ce que notre modèle d’essai (D3, 150 ch) a dans le ventre sur la route !

En voiture Simone !

Comme dit ci-dessus, notre Volvo V60 2018 est équipé d’un bloc 1.9 turbodiesel 4 cylindres de 150 ch, pour un couple de 320 Nm. Ce moteur peut être associé soit à une boîte manuelle à 6 vitesses, soit à une boîte automatique Geartronic à 8 rapports comme sur notre modèle du jour. Dans ces conditions, les rejets de CO2 s’élèvent à 121 g/km tandis que la consommation mixte annoncée par Volvo est de 4,7 l/100 km. Le poids de la voiture, enfin, est de 1690 kg.

Volvo V60 2018 D3 150 ch

Maintenant que vous êtes totalement informés, nous pouvons passer aux impressions de conduite. L’exercice démarre non pas par une pression du bouton « start » (tel qu’il est de coutume aujourd’hui), mais en tournant ce dernier, comme l’on pourrait finalement tourner une clé classique. Un détail amusant, au départ, lorsque l’on n’a pas l’habitude. Levier en position « Drive », pied sur l’accélérateur : la voiture s’élance. On constate dès les premières secondes une impression de confort. Tout d’abord dans l’habitacle avec cette sensation d’être dans un cocon, (une sensation servie par l’ambiance très luxueuse de notre Volvo V60 d’essai). L’insonorisation également y est pour quelque-chose. Quelques kilomètres suffisent pour esquisser un premier “bilan” : la boîte automatique Geartronic gère très bien le passage des différents rapports, sans à-coups. La tenue de route ne souffre pas de critiques, et les suspensions ne sont pas trop fermes. En fait, il n’y a guère que la direction, relativement souple, qui nous a un peu déçus. Nous l’aurions aimée un peu plus dure et directe même si, bien entendu, le Volvo V60 n’a pas vocation à concourir au rallye du Monte-Carlo.

C’est encore plus vrai dans le cas de notre modèle d’essai, équipé du diesel de 150 ch. Un moteur qui devrait séduire les entreprises, tandis que le bloc D4 (190 ch) devrait davantage plaire aux particuliers. Qu’on se le dise : dans cette configuration D3, 150 ch, le Volvo V60 2018 fait le job. Pas plus. Il transporte dans le plus grand confort son conducteur et ses éventuels passagers, en se comportant de manière très saine.

En mode manuel (avec palettes au volant) comme en mode automatique, les relances sont suffisantes et les dépassements se font en toute sécurité. Seulement, on se dit que c’est un peu “poussif”. La faute, à vrai dire, vient surtout du poids plutôt élevé de la voiture, à 1690 kg. Le Volvo V60 D4 et ses 190 ch offrent sans doute plus de polyvalence et un meilleur agrément de conduite, sans tomber dans des niveaux de puissance qui pourraient être jugés inutiles. Le V60 D4 offre effectivement bien plus de couple (400 Nm), rejette… moins de CO2 (119 g/km) et est à peine plus lourd (1718 kg). Il faut juste accepter de payer plus cher sa voiture à l’achat, évidemment…

 

Conclusion

Pour en revenir au Volvo V60 D3, nous ne pouvons finalement lui faire que peu de griefs. Si ce n’est une conduite sans saveur… qui conforte en fait pleinement le Volvo V60 dans son rôle de « bon break de famille », ou break de VRP. Dans la série des points faibles, nous ajouterons que nous avons été assez déçus de la suspension pilotée (en option à 900 € sur notre modèle d’essai) et ses différents modes, trop proches les uns des autres. Le mode “sport”, par exemple, ne semble pas vraiment changer la donne au niveau de la direction, ou du ressenti-châssis. Aussi, et nous l’évoquions plus haut, nous avons trouvés l’écran tactile un peu complexe à l’usage, avec trop de menus et de sous-menus.

En définitive, le Volvo V60, dans cette configuration diesel 150 ch, offre une belle homogénéité, et remplit pleinement son rôle de break familial. Il paraît en tout cas bien armé pour batailler contre les Mercedes Classe C Break, BMW Série 3 Touring et Audi A4 Avant… avec peut-être un charme tout scandinave en plus. Niveau tarif, par contre, le Volvo V60 est tout à fait équivalent à ses concurrents allemands ! Avec une gamme de prix et d’options salés.

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