Créés en 2010 par Peter Auto, les 10 000 tours du Castellet rassemblent avant tout les passionnés d’anciennes mécaniques emblématiques. Pour 300 heureux propriétaires, c’est l’occasion d’emmener sur circuit leur(s) bijou(x), répartis entre plusieurs catégories.

Les constructeurs automobiles n’ont pas tardé à s’y associer afin de promouvoir leur gamme de sportives. Partenaire de l’événement, Ford nous a conviés à venir essayer sa nouvelle Fiesta ST sur le mythique tarmac de Provence. Morceaux choisis de cette expérience hors du commun.

La Ford Fiesta ST sur circuit : bonne élève ?

Alors que le calme règne sur le circuit du Castellet au petit matin, contrastant fortement avec l’ambiance que celui-ci a connu lors du récent Grand Prix de France, les premières autos effectuent déjà leurs tours de roues.

Calés entre deux sessions, nous nous préparons calmement à y emmener la nouvelle Fiesta ST. Reconnaissable des autres Fiesta par sa calandre aux lignes plus dynamiques, ses jantes diamantées de 17 pouces ou encore le diffuseur arrière avec double sortie d’échappement, la belle sait se démarquer du reste de la gamme.

Disponible en 3 ou 5 portes (une qualité quasi unique sur le segment des petites sportives maintenant), et disposant de deux finitions qui lui sont propres, c’est vers la version “de base” et dépourvue d’autobloquant mécanique (Qaife) que l’on s’oriente d’abord.

Connaissant les limites de ma pratique sur circuit, ce n’est pas gagné d’avance. Heureusement, les superbes sièges baquets Recaro savent se montrer accueillants, enveloppants et confortables.

Le volant à la jante épaisse ne pose aucun problème à la prise en main tandis que le levier de vitesses de la boîte 6 rapports tombe parfaitement sous la main.

Le “Go” de notre session est donné, on accélère à fond ! Les premiers virages s’enchaînent et la voiture me rassure immédiatement par son comportement sain.

Bien campée sur ses pneumatiques en 205/45/R17, la bombinette Ford offre un train avant qui se positionne de manière remarquable à chaque entrée de virage tandis que l’arrière suit sans sourciller. Cependant, mes appuis trop francs sur l’accélérateur me rappellent à de brefs instant (restant novice sur circuit) que toute la cavalerie de 200 équidés et de 290 Nm de couple ne passe pas au sol.

Photo Marc de Mattia / DPPI

Les virages traîtres (tel que le double-droite du Beausset) m’auront également démontré que le freinage de la Fiesta ST est vraiment rassurant, mordant à souhait, et d’une belle endurance via ses disques ventilés de 278 mm à l’avant.

Les bonnes surprises s’enchaînent donc autant que les virages, l’on en oublierait presque que c’est un “simple” 3-cylindres qui anime la Fiesta ST sous le capot ! Le bloc EcoBoost voit d’ailleurs sa sonorité rauque, travaillée via une valve active, flatter l’oreille à chaque changement de rapports.

Avec sa double injection (directe et indirecte), son nouveau turbocompresseur avec turbine optimisée et sa conception en aluminium, le moteur a mis tous les atouts de son côté pour lui permettre de reprendre rapidement à bas régime tout en montant rapidement et de manière linéaire dans les tours.

Surprenante dans cette livrée ST Pack (1er niveau de version), elle l’est d’autant plus esthétiquement en 3-portes et pourvue, lors d’un deuxième essai, du différentiel à glissement limité qui démontre rapidement son intérêt. Plutôt emballé, la reprise des sessions des autres catégories sur le circuit permet de digérer le ressenti tout en profitant du spectacle.

Des cylindres et de l’émotion à foison

La mythique Ford GT 40 de 1968 est de sortie et en profite pour parader sur plusieurs tours, démontrant que son V8 de 310 ch ainsi que ses lignes fluides n’ont rien perdu de leur caractère.

D’autres modèles emblématiques de Ford sont également à l’honneur, avec la bestiale Shelby Mustang 350 GT ou encore les Ford Escort 1600 RS.

Ce retour vers le passé ne serait rien sans les autres marques allemandes avec les agressives BMW 3.0 CLS et 635 Csi ou encore les magnifiques italiennes qui sont là pour nous rappeler qu’il ne faut surtout pas les oublier avec les Alfa Romeo Giulia Sprint GTA !

L’autre partie intéressante des 10 000 tours du Castellet est la possibilité de visiter les paddocks afin d’admirer toutes ces divas des temps anciens affichant néanmoins des mécaniques remaniées pour l’occasion.

En fond sonore, une autre session démarre en trombe, regroupant les Ferrari 250 GT Berlinetta ou encore la Porsche RSK 718-60 Spyder, reconnaissable de loin car il s’agit du seul modèle sans toit en lisse sur le circuit.

Cet événement est aussi l’occasion de sortir l’artillerie lourde avec le Groupe C. Les prototypes des années 1980 fascinent par leurs performances et s’en donnent à cœur joie dans l’ultime ligne droite du circuit. Porsche 962 C, Tiga GC288 et 289 ou encore Peugeot 905 font littéralement vibrer les vitres à chacun de leur passage !

Il est toutefois temps de revenir en 2018 avec cette Fiesta qui s’est montrée intéressante pour des sorties occasionnelles sur circuit. Qu’en est il toutefois sur une utilisation quotidienne ?

Ford Fiesta ST : Utilisable au quotidien ?

La première chose qui la différencie de la précédente génération ST200 et son 1.6 l est son confort sur routes ouvertes. L’amortissement est ferme mais ne tasse nullement les lombaires à chaque aspérité du revêtement. Les sièges Recaro maintiennent parfaitement sans pour autant avoir le défaut des anciens qui compressaient trop au bout de quelques heures.

Pour le reste, la ST est correctement équipée. Sur la version ST Plus à partir de 24 600 euros on retrouve la reconnaissance des panneaux, l’avertisseur d’angles morts, la camera de recul, l’alerte vigilance du conducteur ou encore le GPS de 8 pouces et le système audio Bose.

Si la version standard / ST Pack est 1400 euros moins chère, il faudra toutefois piocher dans le catalogue des options pour correctement l’équiper. Les rares bémols sont à constater du côté des commandes au volant que l’on active malencontreusement lors de virages serrés ou encore des rétroviseurs peut-être un poil trop petits.

Reste qu’au final, cette petite Fiesta ST est un coup de cœur assuré par son design, sa polyvalence mais surtout grâce au travail effectué par les ingénieurs de Ford. Cette dernière – tout comme sa devancière – est une alternative intéressante à la Peugeot 208 by Peugeot Sport (mais malheureusement plus produite…). La Clio R.S. ainsi que la Volkswagen Polo GTi ne disposent pas d’autant d’atouts pour rivaliser, tandis qu’une Mini Cooper S se situe dans des tarifs bien plus élitistes. Si bien que la Fiesta ST pourrait bien tirer les marrons du feu du -petit- marché des -petites- bombinettes européennes.

Article et crédit photos : Fabien Legrand

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