En 2018, une révolution copernicienne s’opère à la Porte de Versailles à Paris. Le traditionnel « Mondial de l’Automobile » laisse place au Mondial Paris Motor Show. Derrière le changement de nom, c’est la fin du salon 100% auto et l’avènement d’un polyptique en 4 thèmes mêlant automobile, moto, mais aussi la mobilité sous toutes ses formes (Mondial de la Mobilité) et l’innovation (Mondial.Tech). La traditionnelle quinzaine est réduite à une durée plus courte de 11 jours, du 4 au 14 octobre, tandis que s’ajoute au rendez-vous une extension Place de la Concorde pour des essais de voitures électriques notamment. Pour tout comprendre de la programmation de ce Mondial 2018, nous sommes allés à la rencontre de Jean-Claude Girot, Commissaire Général du Mondial depuis mai 2016.

The Automobilists : Cette année, le Mondial de l’Automobile fête ses 120 ans. Sa création remonte à 1898, et c’était à l’époque près de la Concorde…

Jean-Claude Girot : L’ACF (Automobile Club de France) a organisé pendant 10 ans le salon de l’Auto, qu’ils ont créé aux Tuileries en 1898. Cela a duré trois ans aux Tuileries, puis dès 1901 le salon s’est tenu au Grand Palais où il est resté 60 ans. Entretemps, le Comité des Salons a été créé pour « organiser le salon international de la voiture, de la moto et du cycle ». D’où le nom de la société AMC, pour Auto Moto Cycle Promotion, qui organise le Mondial Paris Motor Show.

TA : Auto, Moto et Cycle, c’est finalement ce à quoi le Mondial revient en 2018 n’est-ce pas ?

JCG : En effet. J’ai pris la décision de remettre la moto qui était donc, dès l’origine, au salon, ce jusqu’en 1986. Après cette date, mon prédécesseur a pris la décision d’organiser un salon de la moto qui a pris diverses appellations, dont la dernière était Le Salon de la Moto, Scooter, Quad et équipements, pendant les années impaires à la Porte de Versailles.

TA : Comment s’est décidée cette « réunification » des deux salons ?

JCG : Nous en avons discuté en concertation avec la profession dès mon arrivée. Ils souhaitaient initialement un changement de lieu, mais j’ai pris la décision de rester à la Porte de Versailles et de le programmer au moment du Salon de l’Auto, de manière à favoriser un visitorat plus important pour la moto, puisqu’avec un même billet les clients pourront aller au Mondial de l’Auto, au Mondial de la Moto, et au Mondial de la Mobilité. Cela fait trois événements différents que pourront découvrir les visiteurs de 2018, et la profession se réjouit finalement de ma décision. Le président de la CSIAM [la Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle], Jean-Luc Mars, s’en félicite aussi et nous encourage à continuer ainsi.

TA : Dans quel hall les motos seront-elles exposées ?

JCG : Dans le Pavillon 3, dans un hall vraiment spécifique donc, avec la moto, son environnement, et les accessoiristes. Les visiteurs pourront aussi retrouver des motos dans notre exposition historique « Routes Mythiques » et de nombreuses animations.

TA : Vous évoquiez le Salon de la Mobilité : un autre événement s’est tenu mi-juin, le salon européen de la mobilité aussi appelé Transports Publics. Quid de la proximité entre les deux rendez-vous, n’y a-t-il pas une légère concurrence ?

JCG : Nous ne sommes pas en concurrence avec le salon Transports Publics qui expose des autocars, des autobus, car ce ne sera pas notre cas. Mais Transdev sera un des partenaires  de l’événement, aussi bien le de Mondial de la Mobilité que de Mondial Tech, et nous parlerons dans certaines conférences de toute la mobilité. Transdev travaille très étroitement avec Renault à Rouen avec des Zoé autonomes, car la voiture entre aujourd’hui dans un schéma de transport urbain. Avec cette forme de transport public, le covoiturage coûterait ainsi moins cher à la collectivité, parce que dans de nombreuses villes en milieu de journée des bus circulent à vide et coûtent cher, alors qu’un covoiturage bien organisé serait moins cher. On voit donc que la voiture devient aussi un système de transport public, qui a tout son sens dans le Mondial de Mobilité.

TA : Jusqu’en 2004 vous exposiez des véhicules utilitaires.

JCG : Et jusqu’en 1998, des camions.

TA : Effectivement ! Quid d’un éventuel retour ?

JCG : En 1998, mon prédécesseur avait décidé d’utiliser l’ensemble des pavillons pour l’exposition des voitures ou de ce qui était autour de la voiture. Il n’y a donc plus eu de place pour les camions. Ces derniers ont aujourd’hui toute leur place dans un super salon, Solutrans à Lyon, où tous les constructeurs vont exposer leurs modèles. Non seulement nous ne voulons pas leur faire concurrence mais surtout, à la Porte de Versailles nous n’avons plus la place nécessaire.

Quand je parle de mobilité, je parle des table-rondes qui auront lieu sur l’électrique et le GNV, qui par ailleurs se développe  pour les camions donc ils seront évoqués. Mais c’est moins pour le transport proprement dit que pour l’énergie que l’on en parlera.

TA : Et pour les utilitaires, des évolutions sont à attendre ? 

JCG : Je réfléchis, pour 2020, à proposer à nos exposants, tout du moins ceux qui sont mixtes dans leurs gammes, de présenter quelques utilitaires. Des artisans qui viennent visiter le Mondial de l’Auto posent souvent la question : « quand on vient au salon c’est pour voir notre voiture perso qui est aussi notre véhicule pro ». On ne se transformerait pas non plus en salon du véhicule utilitaire, qui existe aussi. Mais proposer à nos exposants de présenter quelques véhicules de leurs gammes, cela me paraît une évolution envisageable.

TA : Vous évoquiez le manque de place et le fait que tous les pavillons actuels étaient occupés. Les bouleversements de la Porte de Versailles, que ce soit la Tour Triangle ou les chantiers engagés par Viparis, sont nombreux. Vous préférez composer avec ou vous réfléchissez à un déménagement ?

JCG : Sur les travaux : cette année cela me gêne beaucoup. Ces travaux sont ennuyeux pour notre logistique pour amener les véhicules aux halls 4 et 5, parce qu’il y a moins de parkings. On s’adapte : l’exposition thématique, habituellement organisée au hall 8, est transférée au hall 5, tandis que l’on fait tout Mondial.Tech dans le hall 7.3 qui a été réaménagé. Cela rebat les cartes, mais c’est comme dans toute ville : quand il y a des travaux, cela gêne toujours, mais ce n’est que temporaire en 2018.

Le très bon côté des choses, c’est que Viparis a engagé de gros travaux pour moderniser la Porte de Versailles qui en avait besoin. Ce qui a été fait dans le hall 7 démontre toute la pertinence de ces travaux.

Sur le lieu : la Porte de Versailles est irremplaçable. On n’en déménagera pas. En 2020, on récupérera nos halls qui seront mieux aménagés pour accueillir nos visiteurs.

Quant à la Tour Triangle, sa construction n’est toujours pas commencée et ce qui me gêne, aujourd’hui, et qui me gênera peut-être dans le futur quand elle existera, c’est que l’on ne peut rien faire du terrain qui est préempté depuis plusieurs éditions à côté du hall 1. Cela nous intéresserait d’avoir cette surface, fermée pour l’instant, pour y mettre des centres d’essais, mais on n’y a pas accès. C’est donc une difficulté complémentaire.

TA : Vous évoquiez un centre d’essais extérieur : il y en aura un Place de la Concorde, comme un retour aux sources pour le salon qui vit le jour à côté aux Tuileries. Deux événements auront lieu : le centre d’essais mas aussi une parade le dimanche 30 septembre comme en 1998 sur les Champs-Elysées pour les 100 ans. Comment ces idées sont-elles venues alors que Paris est de moins en moins favorable à l’automobile ?

JCG : La parade, c’est une idée que j’ai eue à mon arrivée en 2016 pour fêter les 120 ans. Il fallait l’organiser Place de la Concorde, là où sont l’ACF, la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile), car c’est le lieu historique de l’automobile en France et en Europe. Les véhicules pourront aussi passer devant le Grand Palais. L’idée initiale était même de faire aller les véhicules jusqu’à la Porte de Versailles mais on a vite abandonné cette idée, difficile à mettre en œuvre, sur le plan logistique et sécurité.

TA : Cela rappelle la Traversée de Paris…

JCG : Oui et surtout ça n’avait pas grand sens pour les images et pour la circulation. Je me rappelle que tous me disaient, ‘jamais vous n’aurez l’autorisation de la ville de Paris qui s’y opposera’ mais quand on a proposé le centre d’essais des véhicules propres, avec des hybrides, des électriques, des hydrogènes, des voitures au gaz, on allait dans le sens de la Maire de Paris, qui n’est pas complètement contre l’automobile. Elle nous a même affirmé : « j’aime la bagnole » et ça me va bien.

Il ne faut pas oublier que tous les constructeurs travaillent à avoir des véhicules propres. On ne peut pas rayer d’un trait de plume tous les efforts faits, ni ceux déployés pour rendre le Diesel plus propre qu’avant. Quand on voit le travail mené sur les particules, quasi éradiquées avec Euro 6, de même que les Nox, et que ces moteurs produisent moins de CO2, qui est précisément ce qui est demandé par les objectifs de la Cop 21, on se dit que supprimer le Diesel pour le remplacer par l’essence, qui produit davantage de CO2, c’est d’abord une contradiction politique. Les constructeurs investissent énormément, et montreront, au Salon comme au centre d’essais, qu’ils avancent. Mais on ne peut d’un claquement de doigts et pour une date très proche décider de supprimer tout type de véhicule Diesel ou essence.

Je pense qu’il faut laisser du temps au temps : les 120 ans du Mondial prouvent que les constructeurs ont toujours su s’adapter à leur époque, et qu’ils ont fait évoluer grandement les véhicules. La parade sert aussi à cela : montrer l’évolution et le travail mené. Surtout dans un monde industriel, les temps d’études et de réaction prennent du temps, coûtent très cher. Le Mondial doit être la vitrine de la filière automobile, une filière qui représente beaucoup d’emplois, et le Diesel notamment. Si on bascule au tout-électrique du jour au lendemain, ça profitera plus à l’industrie chinoise qu’à l’industrie française. Il faut donc d’abord faire attention aux décisions qu’on peut prendre.

TA : Les salons de rang 1 et 2 sont en pleine crise : après Francfort, c’est le Salon de Genève qui reçoit comme le Mondial ses premières défections de constructeurs… Comment s’adapte-t-on à cette donne en tant que Directeur du Mondial ? Est-ce que tout est remis en question jusqu’aux dates d’exposition ?


JCG :
On ne remet pas en question les dates non, parce qu’elles sont fixées jusqu’en 2026. En revanche, la désaffection pour les salons s’accroît et pas que pour Paris. Il y a deux ans, certains journalistes annonçaient la fin du Mondial parce que certains constructeurs ne venaient pas à Paris : il se trouve qu’ils ne viennent pas non plus aux autres salons ! Et même certains d’entre eux qui annonçaient urbi et orbi que le seul rendez-vous intéressant c’était Genève, en terrain neutre, ceux-là ont décidé de ne pas y aller en 2019.

Aujourd’hui, certains constructeurs se posent la question de l’investissement entre des salons B2B comme le CES de Las Vegas, où il n’y pas de clients, et le nôtre qui attire un million de visiteurs. Certains constructeurs ont compris qu’un grand salon était indispensable car c’est le seul endroit où ils peuvent voir autant de clients, de journalistes, du monde entier. A l’inverse, ceux qui annoncent que faire un événement à eux-seuls leur coûte moins, quand on fait tout le calcul on se rend compte que même si c’est une marque prestigieuse, cela revient plus cher, et ça ne rassemble pas 10.000 journalistes ou 1 million de visiteurs comme le Salon de Paris.

C’est pour ça que j’ai pris la décision de modifier beaucoup de choses pour nous adapter à l’évolution et pour répondre aux exposants. Avant d’être dans l’exécution pour les salons de 2016 et 2018, j’avais fait trois salons comme administrateur et j’avais déjà quelques réflexions. Paris est le seul, parmi tous les salons automobiles, à innover autant. Cela inquiète mon camarade de Genève qui va avoir aussi le contre-coup des non-venues de constructeurs. J’espère pour lui qu’il trouvera une solution. Mais comme je dis toujours : s’il ne doit rester qu’un salon, je préfère que ce soit le nôtre, à Paris, en France.

TA : Genève est tous les ans et le Mondial en alternance avec Francfort…

JCG : Francfort subit lui aussi le contrecoup de certaines marques qui n’y vont pas mais comme Paris, cela reste deux salons incontournables en Europe. Parce que ce sont 2 pays-phares en Europe économiquement pour l’automobile, et où il y a de l’emploi automobile. Chose qui n’est pas le cas, entre parenthèse, de Genève où il n’y a pas d’industrie automobile.

TA : Certains journalistes disent au contraire que c’est bien, que c’est mieux d’être en terrain neutre.

JCG : La neutralité c’est bien jusqu’à un certain point. A un moment donné il faut prendre position. Quand on n’a pas d’emploi dans une industrie, et qu’on fait moins de commandes à Genève qu’à Paris, les constructeurs se posent la question à la fin. Le marché automobile, même pour les voitures de luxe, voit s’immatriculer moins de voitures en Suisse qu’en France. Et avec Mondial Limited, que j’ai créé, on voit que les voitures de luxe qui boudaient Paris, reviennent ou viennent tout simplement.

Je ne doute pas que je vais être copié dans les années à venir. Mais c’est comme aux échecs : il faut toujours avoir un ou plusieurs coups d’avance. Nous avons donc déjà des idées pour 2020 pour encore s’améliorer face aux partenaires, parce qu’entre salons, on reste partenaires dans l’adversité…

TA : Que pensez-vous du changement de dates de Détroit ?

JCG : J’allais à Las Vegas au CES puis à Détroit, comme beaucoup. En le programmant en juin, ils risquent d’avoir moins de personnes d’Europe ou du monde, car il n’y aura plus l’avantage d’aller, dans le même pays, à deux salons majeurs.

TA : La montée en puissance des salons tech vous inquiète ?

JCG : La concurrence directe entre Détroit et Las Vegas montre qu’il faut se poser des questions. Mais c’est pour cela qu’on a proposé à Las Vegas de venir au Mondial en 2018 : nous ne sommes pas en concurrence, nous ne sommes pas dans le même pays ou le même continent. Gary Shapiro [Directeur du CES, NDLR], a fait un travail extraordinaire et un super salon qui attire depuis quelques années des constructeurs. Mais c’est un salon B2B, où il n’y a pas de client, et les constructeurs y vont pour montrer de l’innovation tech, pas la gamme de leurs véhicules. Or au Mondial, on peut faire les deux et c’est pour cela que j’ai invité Gary Shapiro à venir une journée pour présenter le CES 2019. D’un côté le plus grand salon électronique du monde qui attire les mobilités ; de l’autre le plus grand salon automobile du monde qui attire l’électronique. On a intérêt à travailler ensemble et montrer nos avantages respectifs. Le CES reste tout de même un salon BtoB, Paris devient les deux, BtoC et BtoB.

TA : Evoluer plutôt que disparaître donc ?

JCG : C’est vrai que d’autres salons qui n’ont pas su évoluer ou pu évoluer comme nous pour 2018 se posent des questions et évolueront très certainement s’ils ne veulent pas disparaître dans les années à venir. Les constructeurs se posent toujours la question : j’ai lu un excellent article de M. Rakoto [par ailleurs rédacteur pour The Automobilist, NDLR] dont je partage l’avis, sur le fait que les services marketing des grands groupes automobiles se posent toujours des questions et hésitent entre Las Vegas et les salons traditionnels. C’est bien de montrer sa technologie au CES à ses concurrents, ses équipementiers, mais il faut bien un moment donné la présenter à ses clients pour qu’ils continuent à l’acheter. Donc moi je crois en la pérennité des salons, mais pas les salons traditionnels comme je l’ai dit. N’exposer que des véhicules sur un stand, ce n’est pas forcément que ça qui attire les visiteurs.

Au-delà, faire un salon comme Paris qui est fantastique, et proposer tous les deux ans la même chose, c’était bon à un moment donné. Mais aujourd’hui le monde évolue tellement vite que les gens se lassent. Des amis au sujet du Mondial de la Moto m’ont dit : « nous on allait plus au Salon de l’auto mais maintenant qu’il est en même temps que la Moto, on va y retourner ». C’est pareil pour le Mondial de la Mobilité ou Mondial.Tech. Le bilan sera tiré le 14 octobre de toutes façons : on ne peut pas crier victoire avant la fin. Mais partout où l’on a présenté le salon, les journalistes ou les constructeurs étaient très impatients de voir ces changements pour 2018. Et moi aussi !

TA : Qu’en pensent les constructeurs de ces évolutions ?

JCG : Dès la fin du salon 2016, j’ai créé des groupes de travail avec les exposants. C’est la première fois qu’on le faisait aussi tôt. On leur a proposé un certain nombre d’idées, ils ont amené les leurs, et on travaillera de la même façon en 2020 en regardant ce qui n’a pas marché en 2018, ce qu’il faut améliorer pour être en 2020, encore meilleure qu’en 2018. Si on ne cherche pas l’amélioration sans cesse, on perd. C’est mon passé sportif qui m’a appris ça : ce n’est pas parce qu’on a gagné une fois qu’on est le meilleur, il faut toujours s’entraîner encore plus fort pour garder son titre, et la concurrence devient de plus en plus forte. Tous les compétiteurs nous regardent, je suppose qu’on va être écouté, vu, et que les gens vont en tirer le meilleur pour s’améliorer aussi. Je souhaite que les grands salons perdurent car quand je vois que certains constructeurs ne vont pas aux autres salons, ça ne me réjouit pas. Ce n’est pas Paris seul qui est concerné, ce n’est pas Paris pas qui est ciblé, c’est le modèle salon en général. C’est là que ça me désole : c’est une tendance générale. Il faut donc lutter et innover.

TA : Les absents ont-ils toujours tort ?

JCG : C’est ce que j’ai toujours dit ! Un constructeur qui me dit : « on n’a pas de nouveauté, donc on ne vient pas », il n’a pas du tout compris l’intérêt qu’il pouvait tirer d’un salon. Et je leur dis : « vous faites fi de votre réseau français et de vos clients. Vous sous-entendez ‘allez voir nos concurrents’ et ceux-là se réjouissent ! » C’est donc leur problème : je donne mon opinion mais chacun est libre de ses décisions, que je respecte.

TA : Comment êtes-vous devenu Commissaire général du Mondial de l’automobile ?

JCG : J’ai d’abord été administrateur de 2009 à 2016 pour 3 salons, et je pense que si l’on m’a fait appel à moi pour être Commissaire général, c’est parce que je connaissais le métier, les équipes et le salon pour prendre la suite, quatre mois avant l’édition 2016 quand mon prédécesseur a démissionné. Je pense aussi que les responsables de l’automobile française et surtout le Président du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles savaient que j’aime relever les défis, et que je n’aime pas perdre, toujours mon expérience de compétiteurs dans les Arts Martiaux. Et quand on prend de l’âge, l’expérience sert : c’est pour toutes ces raisons que j’ai été appelé. Même si ça reste un hasard aussi : j’avais quitté mon poste d’administrateur le 31 mars 2016, je ne pensais pas que le Commissaire général allait démissionner au mois de mai, ni qu’on allait me proposer le poste. Mais comme je dis toujours, tant qu’on fait bien son boulot, même si ce n’est pas récompensé tout de suite, un jour ça paie.

TA : Vous évoquiez votre passé sportif tout à l’heure…

JCG : J’ai commencé par le judo, puis après le kendo, qui sont des disciplines martiales mais qui ne sont pas que des sports, qui sont aussi une discipline de vie et de mental. J’ai été treize ans en Equipe de France, plusieurs fois et champion de France, champion d’Europe, et cela permet de bien gérer le stress pour gagner. Cela demande du temps avant d’atteindre de hauts-grades : je suis 7e dan de Kendo et 7e dan de Chanbara et on ne le devient pas en 3 ans. C’est une longue carrière et quand je voyais mes maîtres japonais à 80 ans me dire « on n’a encore beaucoup de progrès à faire »… On n’est jamais au sommet, on peut l’atteindre mais on peut surtout très vite redescendre. Il faut toujours avoir l’esprit du débutant.

J’ai ensuite été 9 ans coach des équipes de France féminines et masculines de kendo et ça donne une certaine expérience pour ne pas être démonté au premier accroc. Je n’ai jamais été d’accord avec la parole de M. de Coubertin, que je respecte, mais pour moi l’essentiel n’a jamais été de participer mais de gagner. En art martial, si on perd, même en finale, c’est qu’on est mort. Il n’y a qu’une seule place : la première. Et c’est pour ça que je veux la garder pour le Mondial de Paris.

TA : Merci M. Girot pour cet échange.

Crédit photos : The Automobilist

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