Aller à Goodwood ne se fait pas en un claquement de doigts. En effet, il s’agit tout d’abord de s’organiser assez longtemps à l’avance. Une fois votre voyage effectué, il faut également être prêt à s’en prendre plein les yeux. On est au courant, évidemment, que c’est exceptionnel, mais on ne sait pas à quel point. Le spectacle à Goodwood commence également bien avant le circuit, alors que l’on est encore à plusieurs dizaines de kilomètres. Récit d’une épopée à travers le temps, on vous livre nos impressions personnelles sur l’événement le plus rétro du monde automobile !

Goodwood_Revival_2018

Préparation du voyage

Evidémment, on vous dit dès le début qu’un voyage à Goodwood se prépare et évidemment, nous y sommes allés un petit peu sans préparation. Quoi de plus normal, hum. En effet, c’est via la page Instagram de l’événement que je me suis rendu compte que c’était les 20 ans du Revival. J’y suis déjà allé à de multiples occasions et je sais que les anniversaires à Goodwood sont très, TRES bien souhaité.

En 2012 tout d’abord pour les 50 ans de l’AC Cobra, avec une course spécifique de près de 40 voitures, réunissant Roadster, Roadster FIA, Coupé Daytona et même le coupé A98 ! Cette même année fut également l’occasion de fêter les 50 ans de la Ferrari 250 GTO, avec pas moins de 11 exemplaires sur place.  En 2014 ensuite, avec l’anniversaire de la Ford GT40, et une course d’anthologie sous la pluie avec une nouvelle fois une grosse trentaine d’auto. L’année 2015 ne fut pas moins exceptionnelle avec la célébration des 50 ans de la Cobra Daytona. Pour l’occasion, et de façon unique, les six exemplaires de la voiture étaient réunis en un même lieu pour la première fois de l’histoire.

Après tout cela, quand il s’agit de fêter son propre anniversaire, vous comprendrez qu’on s’attend au top du top, la crème de la crème ! C’est ainsi qu’on s’est retrouvé à deux à fouiller Internet à la recherche de deux petites places de disponibles pour le week-end. On a fini par trouver, mais ce ne fut pas un mince affaire, l’ensemble des places étant généralement vendu fin juin pour septembre. Vous l’aurez compris, Goodwood se déroule à guichets fermés. Un petit coup de Google Maps, une longue recherche sur une grande plateforme d’hébergement plus tard, nous voici partis.

Goodwood Revival, le trajet

Depuis la région parisienne, deux offres se présentent à vous. Il est en effet possible de filer en direction du Havre ou de Caen pour récupérer un Ferry pour Brighton ou Portsmouth. La traversée dure pas loin de 12h, mais vous arrivez à proximité du circuit. La deuxième solution consiste à monter jusque Calais, prendre le Shuttle (35min) ou le Ferry (1h30) et redescendre par la route jusque Goodwood. C’est la solution que nous avons choisie. Comme il fallait remonter le temps, nous y sommes allés avec la voiture la moins bien calée dans le temps, une Renault Avantime (on aime tellement cette voiture qu’on en a plusieurs dans l’équipe, eh oui…).

Une fois la Manche traversée, le GPS nous fait crapahuter sur les petites routes de l’arrière-pays britannique et nous rencontrons, à plus de 300 km du circuit, des dizaines et des dizaines de voitures toutes plus belles, historiques, sportives ou juste étranges. La conduite à gauche est un coup à prendre mais on s’y fait relativement bien. La vue à 360° qu’offre l’Avantime une fois le mode Grand Air activé est incroyable dans cet arrière pays du Sussex. Après avoir patienté dans le plus bel embouteillage du monde en approchant du circuit, il est temps de rentrer sur le parking.

Goodwood Revival : une fois sur place

C’est la première claque de la journée. Le parking est un véritable musée. Il n’y a quasiment pas de voiture banale sur ce parking. Ce sont plusieurs milliers de voitures de collection. Les marques représentées sont majoritairement anglaises mais vous trouverez de tout. Absolument de tout. Si jamais vous n’avez pas d’anciennes, tachez d’avoir une moderne avec du style. BMW Z8, Aston Martin Vanquish S, Corvette C6 GrandSport, Jaguar F Type, BMW M5 et un autre Avantime (ça ne s’invente pas) sont les voitures directement à côté de nous. La traversée du parking jusque l’entrée sera source d’un effort incroyable. Il est en effet difficile de ne pas bifurquer à droite ou à gauche pour aller voir telle ou telle voiture.

Une fois à l’entrée, c’est l’heure de la seconde claque. BAM! Nous entrons dans « Over The Road », une sorte de fête foraine d’époque, avec des gens en tenue d’époque et des attractions d’époque… On ne sait déjà plus où donner de la tête, l’entrée du circuit à proprement parlé n’est pas encore en vue. C’est coloré, de bonnes odeurs sortent des Foodtruck (d’époque, bien entendu) et une musique très fifties remplissent déjà les premiers souvenirs. Une fois enfin arrivé à l’entrée du circuit, c’est l’immersion dans un paddock des années 50. Ça sent l’huile, l’essence, mécaniciens et pilotes déambulent au milieu des visiteurs au tenues variant de 1940 au hippies, dans les années 60. C’est un défilé continu de tenues toutes plus remarquables les unes que les autres. Tout de suite, le chapeau que vous trouviez ridicule sur votre tête vous va beaucoup mieux.

Goodwood Revival : mais où faut-il regarder ?

Un peu partout. En effet, chaque mouvement de la tête vous permettra de poser les yeux sur une voiture, un train à vapeur, un chapeau, un objet du décor ou juste des détails. On a beau avoir été prévenu, voire être déjà venu, c’est toujours aussi surprenant comme il n’y a aucune faute de goût. Tournez les yeux à droite, et vous aurez un alignement surréaliste de Jaguar Type C et D, tournez les yeux à gauche et ce sera un alignement d’Aston Martin. Faites quelques pas et ce seront des Formule 1 d’après-guerre, Maserati 250F en tête, qui envahiront vos yeux. En pivotant de nouveau, vous pourriez tomber nez à nez avec une 250 GTO ou une Ford GT40. Les voitures plus populaires ne sont pas en reste avec une grande quantité de Mini Cooper, Lotus Cortina ou autre Alfa Romeo Junior. Niveau costumes, avions, décors, et bien c’est pareil, il y en a partout.

Goodwood Revival : les courses

Bon, le folklore, c’est bien, mais quid des courses ? Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas en reste non plus de ce côté-là. Les moteurs vrombissent, les carrosseries rentrent en contact, les pneus crissent, les voitures glissent. Chaque course voit son lot d’actions à rendre n’importe quelle course moderne d’un ennui profond. La grande particularité de Goodwood est l’absence totale de grillages FIA. Une petite barrière, à la hauteur parfaite pour profiter de sa bière en bord de course, fait le tour du circuit. La piste, et bien elle n’est jamais très loin, 15m environ au plus loin.

Goodwood_Revival_2018La course se vit, en spectateur, de façon aussi intense que si nous étions dans la voiture. Le public anglais suit la course avec une réelle passion. Chaque dépassement est suivi avec ferveur et si une voiture anglaise prend l’avantage, cela s’entend sur le circuit, le public applaudit ! Les commentateurs participent également au spectacle, et ne manque pas d’humour typiquement british. Ainsi, quand une Lotus Cortina part en multiples tonneaux et que le pilote s’en sorte indemne heureusement, on entend les deux commentateurs discuter entre eux. “Je me demande bien ce qui sera encore utilisable sur cette Cortina, elle est entièrement détruite” “Regarde bien, la plaque d’immatriculation semble intacte, il pourra peut-être l’utiliser de nouveau” et ils éclatent de rire.

Enfin, comme toute (très) bonne chose a une fin, il est temps de rentrer. Le retour est difficile tant ce lieu et cette atmosphère semblent en dehors du temps. La comparaison avec tout autre événement auto serait réellement injuste pour cet autre événement. Longue vie au Revival, et rendez-vous l’an prochain !

Laisser un commentaire